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Sale temps en Lorraine – Escamotage, opacité, intox (?)

11 janvier 2014

1er chapitre – Gaz « de houille » : à Tritteling-Redlach, le forage est à l’arrêt et les effluents de forage se volatilisent

C’est sous cet intitulé que, le 16 décembre dernier, une lettre ouverte des collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » était adressée au ministre Philippe Martin, relevant la situation extrêmement préoccupante d’un puits de forage en Moselle appartenant à la société EGL (celle-là même qui détient le permis de Lons-le-Saunier) :

« Depuis octobre 2013, la société EGL travaille sur un chantier de forage à Tritteling-Redlach dans le bassin de Saint Avold (en Moselle) pour évaluer la présence de gaz de couche, communément appelé « gaz de houille ». Mais le forage est arrêté depuis une dizaine de jours, et ce pour une durée indéterminée (…) Des « problèmes techniques » justifient cet arrêt (…) Ce qui inquiète beaucoup plus les membres des collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » est la gestion des effluents de ce forage (…) ces boues ont été convoyées, y compris à travers le village, dans des véhicules-citernes appartenant à des exploitants agricoles du village ! À l’heure où nous rédigeons ces lignes et malgré plusieurs courriers adressés à la préfecture de Moselle et à la DREAL, à laquelle la première nous renvoie, nous n’avons pu obtenir aucune information sur l’endroit où ces eaux ont officiellement été amenées, sur les autorisations et habilitations de transport, ni surtout sur la nature de ces eaux. Selon des témoins, plusieurs de ces véhicules chargés en provenance du site de forage se seraient engagés sur une voie sans issue débouchant dans des champs proches du village. D’autres se seraient dirigés directement vers des exploitations agricoles locales (…) »

=> Lire l’intégralité de cette lettre

2ème chapitre – « En Lorraine, des boues de gaz de houille disparaissent… – mais on les a retrouvées ! »

Le 20 décembre, le site Reporterre publie cette lettre ouverte, mais voilà que deux jours plus tard la rédaction reçoit un coup de fil d’un habitant de Faulquemont (commune voisine de Tritteling-Redlach), qui entend rester anonyme et explique en somme que tout va bien… Voici l’encart que Reporterre ajoute alors à l’article :

« Actualisation d’information : Suite à la parution de l’article ci-dessous, paru le 20 décembre, un habitant de Faulquemont a appelé Reporterre le 22 décembre pour indiquer que les boues rejetées par la société EGL partent dans une station d’épuration gérée par le district urbain de Faulquemont. Les boues y sont analysées. Elles ne contiennent pas de métaux toxiques ou de produits chimiques hors normes, sans quoi elles ne seraient pas acceptées. Toujours selon cette source, qui a voulu rester anonyme, les boues épurées sont ensuite ré-utilisées comme engrais agricole.

Il aurait été plus simple que les autorités répondent directement aux Collectifs qui leur ont posé la question. Et il serait plus simple qu’elles confirment officiellement ce qu’un citoyen de base a expliqué à Reporterre. »

=> Source : Reporterre, article du 22 décembre 2013

Voilà qui a de quoi surprendre, voire irriter.

3ème chapitre – Réaction d’une habitante de Tritteling

Enfin, le 25 décembre, via nos liens avec les collectifs lorrains, nous recevons cette réaction de Thérèse Delfel, militante d’un collectif local et habitante de Tritteling :

Depuis quand le District Urbain de Faulquemont a-t-il à agir sous couvert d’anonymat ? Depuis quand Reporterre accepte-t-il des témoignages anonymes ? se trouve cette station d’épuration ? Passe-t-elle par le délaissé de Tritteling, une impasse qui mène droit aux champs et nulle part ailleurs, sauf éventuellement la fosse à purin d’un exploitant agricole ? Depuis quand les boues de forages et eaux profondes, par définition mélanges de produits chimiques injectés et de contaminants d’eaux fossiles (et les anonymes du DUF seraient bien inspirés de se former à la réalité connue depuis plus de 30 ans, cf rapport du BRGM 1981), conviendraient-elles pour ce qui se nomme encore agriculture, quand bien même le rapprochement avec l’industrie s’opère à vitesse accélérée et suspecte ? 
1. Si Reporterre est un journal sérieux et digne de ce nom, qu’ils me contactent et répondent eux, à ce qu’ils endossent en publiant par voie détournée de telles « informations » ou qu’ils fassent leur enquête sur le terrain, auprès des riverains, premiers concernés.
2. Si les services de l’État ne sont plus concernés et responsables pour la sécurité, la salubrité et la santé des populations, que ce réagencement soit officiellement annoncé.
3. Si des eaux et boues de forages pétroliers peuvent convenir comme « engrais agricole », de quels forages, de quel engrais et surtout de quelle agriculture parlons-nous ? Après tout, en Polynésie, les Français ont fait croire aux agriculteurs locaux que les huiles de vidange étaient un engrais à déverser dans leurs fa’apu (petites exploitations familiales). Ceci change-t-il quelque chose à la haute toxicité sur plusieurs générations ?
La question prioritaire qui se pose maintenant au niveau médias autant qu’au niveau élus, voire responsables des services de l’État, est : sommes-nous au 21e siècle et dans un État de droit ?  
SVP, à tous les collectifs et individuels, merci de diffuser la présente réponse très largement, avec ma signature, et au moins à tous les protagonistes, peut-être à Médiapart aussi ?
Seule confirmation, magistrale s’il en fut, dans ce « témoignage anonyme » : c’est bien le District Urbain de Faulquemont qui tire les ficelles. En mode anonymat, qui en dit long sur les méthodes en vigueur. 
Thérèse Delfel
———
À suivre…

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